Les stagiaires du CFPPA face aux arbres de Limoges

Lundi 03 mai 2021, l’ensemble des stagiaires en BP Responsable de Chantier Forestier et CS Arboriste Elagueur du CFPPA de Haute-Corrèze se sont rendus à Limoges pour travailler sur la thématique de l’arbre en ville.

Des spécialistes pour le patrimoine arboré urbain

Le groupe d’apprenants a été accueilli au Bois de la Batide par les responsables du service de gestion du patrimoine arboré de la Ville de Limoges, Madame Lydie DEBAËNE et Monsieur Bernard RIVET. Après avoir présenté leur cursus professionnel ainsi que leur métier, ils ont présenté l’importance des arbres au sein de l’agglomération Limougeaude. 

Avec près de 1370 ha d’espaces verts représentant 80 000 arbres dont 345 remarquables, la richesse de ce patrimoine doit être entretenu contre diverses problématiques urbaines (pollution, tassement des sols, réchauffement climatique) et la biodiversité maintenue face aux enjeux actuels d’érosion du vivant (maintien de 400 essences d’arbres différentes, problématiques « sénescence / sécurité »).

L'arbre en ville, le public et la politique

Le premier arrêt de la journée a eu lieu dans une parcelle récemment exploitée en coupe sanitaire contre l’envahissement d’un champignon : la collybie à pied en fuseau sur le chêne rouge d’Amérique. Ce chantier d’éclaircie sanitaire visait à prélever des chênes de plus de 40 cm de diamètre à 1m30 en contexte de forêt péri-urbaine et a été réalisé par des moyens techniques forestiers traditionnels (bûcherons + skidder avec répartition des rémanents sur la coupe).

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Le bilan de l’action s’est montré positif sur le plan du peuplement forestier même si le gestionnaire se retrouve avec une recrudescence de régénération naturelle de chêne rouge et démontre également que cette action a été délicate à réaliser face aux idées parfois préconçues du grand public. En effet, les équipes d’intervenants sont souvent interpellées par les badauds qui, pour certains et dans le cas de ce chantier, sont allés jusqu’au projet de créer un groupe de défense des arbres alors que l’intervention elle-même a été conçue pour défendre la forêt d’un ravageur cryptogamique. Ici Mme DEBAËNE et M. RIVET ont alors insisté sur l’absolu nécessité de communiquer en toute transparence sur les actions de gestion envisagées sur le long terme. Ceci en sensibilisant les pouvoirs publics et politiques, en réalisant des aménagements, panneaux d’informations et campagne de sensibilisation via des visites ou stages tournés vers le grand public pour qu’il comprenne bien les techniques d’exploitation forestières et que, bien pratiquées, ces dernières ne nuisent pas sur le long terme et ne remettent pas en question la durabilité du milieu forestier.

Après de longs échanges sur ce sujet entre les intervenants et les stagiaires, le groupe s’est dirigé vers une parcelle reboisée après l’exploitation d’ancien chablis. Les choix d’essences ont été vite orientés vers le mélange de plus d’une dizaine d’essences socialement et « stationnellement » compatibles (érables, tilleuls, merisier, châtaignier, pins maritimes, hêtres, chêne pédonculé…). 

Dans ce contexte de résurgence forestière en forêt périurbaine ou la fonction récréative prime avec la fonction de protection des écosystèmes, les techniques culturales inhérentes à la fonction de production sont appliquées en réalisant toutes les opérations sylvicoles d’accompagnement et d’amélioration du peuplement afin de pouvoir mettre en valeur ces bois cultivés sans mise en péril du peuplement. Après ces états de faits, le groupe est sorti du bois pour se rendre au parc VICTOR-THUILLAT afin d’y déjeuner sur l’herbe.

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Le jardin des connaissances

Sous le soleil éclatant du début d’après-midi, Mme DEBAËNE et M. RIVET ainsi que M. Pascal MOUNIER, jardinier en chef et responsable du parc, ont emmené le groupe en exploration du parc VICTOR – THUILLAT.

Îlot de verdure de 3,5 ha en plein centre-ville, créé à la fin du XIXème siècle par M. FIZOT LAVERGNE sur le terrain de son exploitation agricole, ce parc abrite 242 arbres répartis en 62 espèces. Deux ateliers ont été proposés aux stagiaires : visite botanique commentée par Messieurs MOUNIER et RIVET et travail de diagnostic sanitaire macroscopique (sur l’ensemble de l’arbre à l’oeil  nu) et microscopique grâce aux explications de Mme DEBAËNE et l’observation à la loupe binoculaire d’un panel représentatif des différents ennemis et ravageurs (champignons, insectes, résultats de mauvaises tailles) qui peuvent affecter les arbres.

Après de longs échanges sur la reconnaissance visuelle des critères botaniques, des symptômes et leurs traitements, l’intervention s’est achevée à 16h30 avec la conclusion de renouveler cette opération de formation très enrichissante en pérennisant le partenariat entre le CFPPA et la ville de Limoges.

L.R